« Le jour où j’ai décidé de m’assumer », témoignage d’un jeune homosexuel

J’introduis aujourd’hui un nouveau type d’article qui, j’espère, vous parlera, vous plaira, ou même, vous aidera. Le titre me paraît extrêmement réducteur étant donné tout ce que représente la personne que j’ai « interviewée », mais il fallait quelque chose de clair et précis. Lorsque je lui ai demandé s’il avait des idées de titres, il a tout de suite répondu avec humour : Je sais pas… »Ma sexualité au Lycée », « Retour au Moyen Âge », « Souviens toi le dernier Lycée » ? (Super réf by the way). L’humour, qui fait partie intégrante de la personnalité de ce jeune monsieur, est également la preuve qu’il est passé à autre chose, bien que cette période l’ait beaucoup marqué.

En effet, ce témoignage fait part de la difficulté éprouvée lorsqu’on se rend compte que sa sexualité n’est pas en accord avec le prisme de « normalité » de notre société encore trop rétrograde. Ce jeune homme m’a raconté son histoire avec beaucoup de simplicité et de sincérité, ce que je tiens à remercier grandement. Il faut du courage pour raconter son expérience, et encore plus pour accepter de la partager, même si cela reste anonyme.

Voici donc ce qu’il a accepté de me confier :

« A l’époque, j’étais lycéen dans un bahut de campagne. Le lycée… Le bon vieux système de classe: Populaires, Loosers, les Autres. J’étais plutôt dans cette dernière catégorie, le mec qu’on connait de loin et qu’on dérange pas plus que ça, qui fait sa vie comme tout le monde. J’étais un lycéen lambda, avec des résultats scolaires moyens, un groupe d’amis stable et de gros problèmes d’amour propre… En partie parce que je n’assumais pas du tout mon homosexualité.
Mon erreur était d’avoir eu un gros crush pour un mec populaire pendant plusieurs mois. Même si j’étais convaincu qu’il était hétéro, un soir, j’ai pris mon courage à deux mains en avouant à une de ses amies que j’aimais les mecs, puis lui demander s’il y avait une chance que lui soit gay et que je puisse lui plaire… Oui, cette manœuvre était mal pensée et pas vraiment nécessaire, mais que voulez-vous? Jeune et Con.
Évidemment, elle m’a répondu qu’il n’aimait que les filles… Et après notre conversation, elle a raconté à son copain que j’étais gay, qui a son tour a raconté à d’autres… bref.
Le lendemain matin, je voyais qu’on me regardait bizarrement, je n’ai pas mis longtemps pour faire le lien avec ma confession de la veille, et les commentaires de certains ne se sont pas faits attendre: J’en étais sûr, la Rumeur était lancée.
Je vivais un cauchemar, je n’assumais toujours pas ma sexualité, mon béguin et ses amis se moquaient de moi, j’avais le droit à des « C’est vrai? T’es gay? » sur un ton qui me confortait dans l’idée que j’étais une abomination, un autre lycéen – le mec genre violent et qui justifie son intolérance avec la religion – a même poussé le vice en me menaçant en approchant son briquet allumé très près de ma moustache…
Je n’arrivais pas à supporter cette sensation d’être constamment épié comme une bête de foire, j’avais même cessé de manger au réfectoire pour pouvoir éviter au maximum ces regards qui me hantaient… La pression avait été telle que j’ai été contraint de dire à ma mère à contrecœur que j’étais gay, j’avais trop peur que la rumeur fuite jusqu’à elle, j’ai préféré lui dire moi-même…
Elle m’a demandé pourquoi je pleurais quand je lui ai annoncé, j’ai évidemment préféré ne pas parler de la rumeur. Sa tolérance à mon égard n’avait pas suffit à me consoler pourtant, ni le support de mes amis ou de personnes qui me témoignaient de la compassion. J’ai préféré traiter le problème et aller parler à un psychologue.
Jusqu’à la fin du lycée, je suis allé en cours jour après jour avec une boule au ventre qui rétrécissait au fur et à mesure mais qui était bien là. La rumeur se tassait, j’avais continué de démentir publiquement, les plus réticents me faisaient toujours ressentir leur mépris…
A l’heure actuelle, plusieurs années après le lycée, je m’assume plus et ne cache plus cet aspect de moi, mais même si le recul me fait voir que mon vécu a été plutôt soft, je sens toujours en moi que si je devais retourner là-bas, je n’arriverai pas à y être naturel. »

Lorsqu’il m’a raconté tout ça, il n’arrêtait pas de répéter « désolé, c’est vraiment pas fou », « c’est pas exceptionnel comme histoire », « je me victimise ». Ce qui paraît normal, ordinaire, et pas si dingue à ce garçon, a pourtant suffit à me retourner l’estomac. Ce que je trouve vraiment triste dans tout ça, c’est qu’il pense que ce n’est pas grand chose en fin de compte. S’il n’y a pas de violence physique, ou d’agressions répétées, est ce moins grave ? Non. La pression sociale qu’il a subit, le mal-être qu’il a dû endurer, et l’agression de ce jeune homme violent sont le reflet d’une société excluante, et ça, ce n’est pas normal. On ne devrait pas vivre ce genre de chose parce qu’on a le malheur d’aimer.

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J’ai dû le rassurer plusieurs fois en lui disant que tout ce qu’il me disait était, au contraire, très intéressant, et également très rageant.

Je lui ai ensuite demandé à quel moment il a décidé d’assumer sa sexualité, qu’est ce qui lui avait fait se dire « merde à la fin, maintenant j’assume : je suis qui je suis ! »


« C’était pendant mon deuxième mois à la fac, j’étais pas à l’aise avec ma sexualité, j’avais plus ou moins accepté que j’aimais les hommes et j’arrivais à l’avouer a certaines personnes, mais je restais caché dans le placard à regarder d’autres personnes au loin s’assumer… Je n’avais pas d’amis gays proches avec qui parler, les mecs gays que je connaissais de loin représentaient ce que je détestais (et déteste toujours) dans ce cliché de la communauté gay, je connaissais quelques filles lesbiennes ou bisexuelles mais j’étais tellement dans mon trip « Seul contre le monde » que j’estimais à tort qu’elles n’étaient pas à même de comprendre mon sentiment de solitude. »

J’ai alors voulu en savoir plus sur ce qu’il entendait par « les mecs gays que je connaissais de loin représentaient ce que je détestais dans ce cliché de la communauté gay ». Il m’a rassuré en me disant que les seules personnes qu’il y avait autour de lui étaient des hommes superficiels et égocentriques. Défauts qu’on associe un peu trop à tord aux hommes homosexuels, et qui sont, en fait, surtout des défauts humains avant d’appartenir à une quelconque communauté. Il a ensuite continué l’histoire de son vrai coming out, celui voulu, et non celui imposé par des rumeurs. 


« Un jour où j’étais a la fac, je profitais de la pause avec un ami et deux de ses potes que j’apprenais a connaitre. Cet ami en question faisait partie des rares personnes à la fac à qui j’ai voulu me confier sur ma sexualité. Du coup, on parlait tous les quatre de choses et d’autres, et au moment où l’un d’eux me demande si j’ai une copine, mon ami répond immédiatement: « Non, il est Gay. ».
tumblr_of1l4sSNGa1stoo0qo1_500Stupeur et Tremblements, « Qu’est ce qu’il vient de faire? », je ne savais pas où me mettre, en quelques secondes j’ai vu défiler des émotions allant du sentiment de trahison à celui de honte… J’étais horrifié a l’idée d’être moqué.
Le garçon a alors répondu: « Ah? Tu as un copain alors? ». J’étais très surpris de la dimension « normale » dans laquelle il mettait mon cas, il faut dire que je n’avais pas vraiment l’habitude entre mon vécu et mon estime de moi très fragile.
À la fin de la pause, j’ai pris mon ami à part pour lui faire savoir que j’avais pas beaucoup aimé qu’il divulgue mon secret comme ça, et il m’a expliqué que pour lui c’était pas normal que je garde ça secret à cause de la peur et qu’à la fac, on s’en fout totalement de la sexualité et que c’était le moment pour moi d’arrêter de me cacher.
La réaction de ses potes en était la preuve, il était temps que j’arrête de dire que j’étais hétéro et que je cesse de craindre d’être rejeté. J’ai donc choisi de faire mon Coming Out. Beaucoup ont été contents pour moi, certains ne me comprennent toujours pas, mais ils s’accordent tous sur le fait que je suis toujours la même personne… Je suis juste plus épanoui.
Aujourd’hui, j’ai compris que j’étais pas la seule personne à comprendre ce genre de peine. Je ne parle pas que de sexualité, mais en général, on peut tous faire face à un problème d’acceptation, et je sais maintenant que l’on peut tous être capable de comprendre et/ou au moins compatir pour un mal être et ce même si on ne l’a jamais directement vécu. »

Même si pour lui tout ça n’a rien d’extraordinaire, je trouve que le témoignage d’évolution de cet homme est très beau. Il a peut-être l’impression que tout ça n’est pas assez romanesque, et pourtant… C’est un récit touchant qu’il nous fait là, nous montrant que le combat à l’acceptation ne se fait pas seulement en devant se faire approuver par les Autres. Les barrières internes qu’il a dû démolir lui même avant de pouvoir s’accepter en face des autres est un exploit remarquable, accomplit avec courage et persévérance. Si les Autres constituent des éventuels ennemis redoutables, il ne faut pas oublier que le combat se fait également, et surtout, avec soi-même. Avant de faire son coming-out, il faut parvenir à être en paix avec soi-même. Réussir à s’accepter, c’est quelque chose de souvent très douloureux, mais toujours quelque chose de très courageux. Un jour, ce garçon a décidé d’arrêter de survivre, et de commencer à vivre.

tumblr_ngd1ng2J8B1u5schdo1_500Ce que je salue également, c’est qu’il ne se focalise pas sur son seul cas, il délivre aussi à travers son témoignage un message de compréhension, de tolérance et de bienveillance envers les êtres.

Encore merci à toi pour cette noble empreinte de ton expérience de vie.

Le 8 Mars et ses défauts d’interprétation

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Comment réagir à ce genre de publicité..? Juste, s’il vous plait, NON !

Le 8 Mars ce n’est pas la journée de la femme. On ne célèbre pas l’existence de la  femme, mon petit. Donc pas la peine de bien traiter les femme seulement le 8 Mars sous prétexte

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Ok Anakin, merci de l’attention mais on va se passer de tes fleurs et se concentrer sur la Force.

que c’est une journée toute dédiée à la féminité. Non, non et non. N’offrez pas de fleurs, n’offrez pas de manucure, de produits de beauté ou autre appareil éléctro-ménager à prix réduit pour l’occasion.

Le 8 Mars c’est bien plus grand, bien plus beau, bien plus important que ce que les publicitaires semblent te montrer. Le 8 Mars devrait évoquer une lutte, celle des femmes. Le 8 Mars existe pour rendre hommage à toutes ces femmes qui se sont battues pour leurs droits.

C’est un hommage, certes, mais pas que. Le 8 Mars est une journée de manifestations mondiale où l’on effectue une mise au point sur la situation actuelle des femmes. C’est donc encore un évènement bien vivant !


Un peu d’Histoire

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L’idée de faire du 8 Mars une journée de lutte pour les droits des femmes prend place au début du XXème siècle, en 1910. C’est Clara Zetkin, enseignante, femme politique marxiste et figure emblématique du féminisme socialiste qui, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, propose une journée internationale dédiée aux femmes. Cette journée constituerait alors un rendez-vous annuel de manifestations en faveur du droit de vote, de l’égalité Homme-Femme et du socialisme. La première manifestation a lieu le 19 Mars 1911, pour ensuite être définitivement fixée au 8 Mars à partir de 1921. C’est Lénine qui, pour rendre hommage à des ouvrières manifestantes à Saint-Pétersbourg le 8 Mars 1917 (initiant ainsi la révolution de l’Empire Russe), décrète que le 8 Mars sera la journée des droits des femmes.

Si la célébration du 8 Mars devient une tradition dans tout le bloc de l’Est, ce n’est pas encore acquis pour le reste du monde. C’est seulement en 1977 que les Etats-Unis font du 8 Mars, la « Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale ». Quant à la France, c’est Yvette Roudry, déléguée des droits de la femme, et François Mitterand qui officialisent la journée des droits de la femme, en 1982.


Il a fallu donc énormément de temps entre l’idée et la mise en pratique d’une journée 17156330_424747024533052_6340930256565304075_ndédiée aux droits de la femme. Ce qui est assez représentatif de l’importance que l’on donne aux droits des femmes, quelques chose d’assez secondaire en fin de compte, au vu de la vitesse à laquelle cette journée a été déformée.

Le 8 Mars est une date forte, symbolique et gorgée d’histoire. C’est pourquoi la colère monte lorsque je vois une pub comme celle plus haut, représentant une femme à l’air ahurie, stupide, éberluée; aux yeux vides et sots, qui demande à être aussi choyée le reste de l’année également. Bien sûr cette image peut-être prise au second degré et servir la cause des femmes en ne demandant pas à être choyée, mais au contraire, en demandant des droits le reste de l’année. Cependant j’ai effectué beaucoup de recherches quant à cette image et je ne l’ai trouvée que sur des sites où le 8 Mars était déformé en « Journée de la Femme : pensez à prendre soin de vous ».

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Le 8 Mars mérite plus que cette stratégie d’aliénation que nous impose la publicité. Le 8 Mars mérite un soulèvement contre les violences envers les femmes, contre les agressions sexuelles, le harcèlement sexuel et verbal, les inégalités salariales, l’excision, la maltraitance psychologique, le slut-shaming, les entraves à l’avortement, la désinformation à l’égard de son anatomieles attaques à l’acide, les lynchages pour « l’honneur », les lapidations, les mariages forcés et/ou précoces, ainsi que le sexisme (quelque soit la forme qu’il prend).

Pour se rendre compte de la bêtise des publicitaires : la journée de l’infâme.

La première femme condamnée pour exhibition sexuelle

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Le 15 février 2017, l’ex FEMEN, Eloïse Bouton, a été condamnée à un mois de prison avec sursis et 2000 euros d’amende pour « exhibition sexuelle », après une manifestation pro-choix dans l’église de la Madeleine en 2013. Depuis la création du délit d’exhibition sexuelle, article 222-32 du code pénal, en 1994, Eloïse Bouton est la première femme a en être accusée.

L’ex militante a simulé l’avortement de Jésus le 20 Décembre 2013 dans l’église de la Madeleine, le tout seins nus. Sur son buste est écrit « 344e salope », en hommage aux 343 femmes qui avaient signé un appel en 1971 en faveur de l’avortement.

Eloïse Bouton écrit dans son livre Confession D’une Ex FEMEN, en 2014 :

« Quand je suis poursuivie après mon action à La Madeleine en décembre 2013, je prends la mesure de cette nudité incomprise. En France, en 2014, j’encours une amende de 15000 euros et un an de prison pour exhibition sexuelle pour avoir manifesté pacifiquement. Tout cela me semble irréel. La procédure renforce ma conviction que la liberté des femmes à disposer de leur corps demeure un tabou. On me considère comme une délinquante, sexuelle de surcroît, avec des revendications inconvenantes dans une société démocratique. »

Cette condamnation est, à mon sens, un scandale. L’acte de manifestation féministe commit par Eloïse Bouton n’est en rien une exhibition sexuelle. Le corps topless de la femme ne constitue pas un délit sexuel- ou alors, dans ce cas, il faudrait condamner tous les hommes topless en été aux yeux de la justice.

Mais alors, qu’est ce que l’exhibition sexuelle ? Wikipédia nous dit :

« L’exhibition sexuelle est l’exécution en public ou dans un lieu accessible à la vue de tous, d’actes sexuels sur soi-même ou la personne d’autrui, et susceptibles d’outrager la pudeur d’autrui. L’exécution d’actes sexuels comprend :

  • l’exécution active : masturbation, rapport sexuel
  • l’exécution passive : exhibition d’une partie du corps à caractère sexuel si elle est volontaire.

De plus, l’élément public doit être recherché ; le simple fait de pratiquer un acte sexuel en laissant même entrevoir l’action peut être qualifié d’exhibition sexuelle. Au contraire, si l’action se déroule dans un cadre fermé, un spectateur qui s’introduit dans la pièce ne peut pas prétendre être victime d’exhibitionnisme. »

Or, l’exhibition d’une partie du corps à caractère sexuel ne peut être une poitrine. La seule partie du corps qui est sexuelle, c’est les parties génitales. Un torse masculin, lui, n’est pas sexuellement connoté. Pourtant, en ce qui concerne la femme, la barrière entre connotation sexuelle ou non reste encore floue.

Sur beaucoup de sites, d’encyclopédies, ainsi que de dictionnaires, l’exhibition sexuelle est attribuée à une dégénérescence psychologique, conduisant à une impulsion de caractère obsessionnel  à montrer ses organes génitaux.

Eloïse Bouton ajout à ce sujet : « La volonté de me faire passer pour une désaxée qui  ne peut résister à l’envie d’arracher son slip en public à la simple vue d’un symbole catholique m’inquiète. Au delà de moi, au delà de FEMEN, ce procès pose la question des limites de la liberté des femmes à user de leur corps comme outil militant. La radicalité d’un homme est décriée en tant qu’objet politique, la radicalité d’une femme est critiquée parce qu’elle offre un visage de la féminité insoutenable, qui vient briser tous les concepts préétablis. Dès que le corps d’une femme est en jeu, le raisonnement est effacé. Il ne reste que cette paire de seins nus, sans discours, car sa nudité annihile son propos.  Le cynisme atteint son paroxysme quand le fait de se battre pour qu’un acte de désobéissance civile ne soit plus considéré comme un trouble mental est lui même considéré comme pathologique. »

Toutes les autres manifestations seins nus des FEMEN n’ont jamais été condamnées pour exhibition sexuelle. Ce qui dérange, dans cette affaire, n’est donc pas la poitrine dénudée, mais le lieu. Il y a ici un outrage à l’Eglise et non un comportement sexuel. Si Eloïse Bouton a à être jugée, cela doit être pour blasphème, et surement pas pour exhibition.

Et là encore, ça pose problème. En France, état laïque qui, de ce fait, sépare la société civile et la société religieuse, le délit de blasphème est supprimé en droit. Pourtant, dans cette affaire, on condamne la militante car elle dénonce les prises de positions de l’Eglise sur l’avortement, le tout dans une église. Cette condamnation constitue donc un scandale pour la loi française qui se doit de séparer l’Etat de l’Eglise.

Eloïse Bouton et son avocat Mr Bouzenoune, ont déclaré qu’ils allaient faire appel à la Cour de Cassation (chargé de vérifier la conformité de la loi), et ils ont tout mon soutien.

La polémique du décolleté d’Emma Watson

Ca tourne sur Internet depuis le 1er Mars : Emma Watson aurait posé seins nus pour la presse, trahissant ses convictions féministes. La jeune femme s’oppose à la sexualisation du corps des femmes, et pourtant, elle ose poser avec un immense décolleté. Ouh l’hypocrite ! Du moins, c’est ce que semble penser la journaliste Julia Hartley-Brewer.

En effet, il y a quelques jours, Vanity Fair poste une photo d’Emma Watson affublé d’un décolleté plongeant.

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Julia Hartley-Brewer. « Emma Watson : Féminisme, féminisme… Inégalités salariale entre les genres… Pourquoi oh pourquoi on ne me prend pas au sérieux… Féminisme… Oh, et voici mes nichons ! »

Par contre, désolée, mais je cherche encore où se trouvent les « seins nus ». Cette photo n’a rien de choquant, de provocateur ou quoi que ce soit d’autre. Mais ça, ce n’est pas l’avis de madame Hartley-Brewer qui semble prendre plaisir à se moquer de l’actrice en ridiculisant son féminisme revendiqué, tout cela via Twitter.

Ses remarques semblent datées d’une autre époque étant donné la nature de la photo. De plus, doit-on encore expliquer à madame Hartley-Brewer un des principes fondamentaux du féminisme « mon corps, mon choix » ? Quand bien même Emma Watson aurait posé topless, où est le problème ? Une femme a le droit fondamental de disposer de son corps comme elle le souhaite. Ceci est non discutable. C’est tout simplement un droit humain.

Le problème, selon la journaliste, si l’on en croit ses propres mots, c’est « l’hypocrisie » d’Emma Watson.

Comme l’indique le tweet de la journaliste,

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Julia Hartley-Brewer : Emma Watson se plaint que les femmes sont sexualisés et après elle se sexualise toute seule. Hypocrite.

Emma Watson ne peut se revendiquer féministe, se battre contre la sexualisation du corps des femmes ET se mettre à nu par la suite. Excusez-moi encore une fois mais, où se trouve l’hypocrisie dans l’acte de poser en dévoilant son corps ? Où se trouve la sexualisation sur cette photo ? Réponse : nulle part.

Cette photo est l’image d’une femme forte, maîtresse de son corps, qui dévoile bien ce qu’elle veut après tout. Si madame Julia Hartley-Brewer voit de la sexualisation, le problème vient d’elle et de sa conception erronée de la chose, pas d’Emma Watson. Sur cette photo, on ne voit aucunement le corps de l’actrice exploité et chosifié. Aucunement. Ce corps, ici présent, n’est pas réduit à l’état de simple objet de divertissement ou d’excitation sexuelle. C’est un corps assumé, qui défend des idées, des choix, des convictions.

Il est triste de devoir encore répéter en 2017 qu’une femme a le droit, et se doit même, d’assumer son corps. Une femme a le droit de montrer son corps, cela ne discrédite en rien ses convictions ou ses propos. Il faut impérativement défaire l’idée qu’une femme est soit intelligente, et de ce fait ne montre pas son corps, soit complètement idiote et délurée, et ainsi se « dévergonde » et expose ses attributs. C’est ce qu’on entend par la notion de « sexualiser le corps des femmes ». Exposer ses jambes, ses chevilles, ses fesses ou ses seins n’a rien à voir avec le sexe; comme cela n’a rien à voir avec le fait d’être respectable ou non, intelligente ou pas. Un corps est un corps, et non un objet sexuel. Une poitrine est une poitrine, cela n’a rien d’humiliant, de provocant ou quoi que ce soit d’autre.

Le corps nu féminin persiste à être le pire tabou de notre société lorsqu’il ne correspond pas à l’image dicté par des codes moraux et/ou religieux sexistes. Le féminisme se bat pour que la femme puisse user de son corps comme elle l’entend et, ainsi, par cette photo, Emma Watson n’est en rien en contradiction avec ses valeurs. Bien au contraire, elle pose sa pierre à l’édifice des femmes se battant pour leur liberté.

Que la société exige de la femme qu’elle se couvre, ou à son exact opposé, qu’elle s’hypersexualise, la femme est constamment sous le contrôle du système patriarcal. C’est pourquoi le corps de la femme est un objet militant lorsque celle-ci se le réapproprie et l’utilise selon son bon vouloir. N’en déplaise à madame Julia Hartley-Brewer.

 

 

YOU ME HER donne une place au Polyamour dans l’univers des séries

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Cet article ne contient pas de SPOIL. Je ne divulgue que ce qui est présent dans le résumé proposé par la série.

You Me Her c’est la série Feel Good qui m’a un peu redonné foi en cette société. Je me suis laissée surprendre par cette série qui constitue un espoir véritable pour l’avenir. Je suis tombée dessus, par hasard, un de ces soirs d’ennui mortel à traîner sur Netflix, quand soudain : Bim ! Netflix me propose une série qui vient d’être ajoutée. Je n’ai rien à perdre, je clique et je décide de découvrir. Les premières minutes de l’épisode me hérissent un peu. Je suis en train de regarder quelque chose de déjà vu, d’un peu trop convenu. Un couple trentenaire qui a du mal à concevoir leur premier enfant. Ils sont en consultation chez leur psychanalyste, se souciant de leur moyenne de rapport sexuel. Je suis déçue, encore un truc bien aseptisé sur le couple américain bon chic bon genre, avec des bons vieux stéréotypes sur la performance sexuelle.

Et puis, pas du tout. Je regrette bien vite d’avoir jugé la série car plus les minutes passent, plus les stéréotypes sont envoyés valser. En effet, la série nous dévoile un couple qui s’essouffle, et pour contrer cela, Jack décide de voir une escort girl, Izzy. Il pourra ainsi pimenter un peu sa libido en draguant, sans pour autant avoir des rapports sexuels avec quelqu’un d’autre que son épouse Emma. Cependant, emplit de culpabilité, il dévoile tout à sa femme le soir même. Et c’est là que les clichés laissent place à des personnages complexes, bouleversés et vrais.

you-me-herLes points positifs :

  • La confusion d’émotions réalistes. Ici, nous avons à faire à de vrais humains en conflit avec leurs propres émotions. You Me Her est une série simple, mais pas quand il s’agit des sentiments. On a ici des personnages contrastés, complexes et perplexes face à ce qui leur arrive. On assiste à leurs doutes, à leurs pas en avant, puis pour ensuite les voir régresser, puis être heureux, avoir peur, etc. Rien n’est tout noir ou tout blanc dans You Me Her. Il faut se préparer à plonger dans l’effusion d’émotion.
  • Les personnages sont lucides avec eux même. Par là je veux dire qu’on a de vraies personnes devant nous et pas des personnages fictifs clichés de sitcom. Enfin, bien sûr que les personnages sont fictifs, mais ils ne donnent pas l’impression de l’être comme dans certaines séries. Avec You Me Her, fini les personnages idiots qui se laissent duper facilement par les autres pour créer des facilités scénaristiques. Ici, les personnages sont intelligents, ils sont conscients de comment il sont traités par les autres et ne se laissent pas avoir par les flatteries mielleuses, ou les mensonges irréalistes. De plus, ils sont capables d’auto-analyse précise, ce qui est assez rare dans l’univers des séries. Ce qui est très appréciable, car on a l’impression de voir de vraies personnes en proie à leurs doutes.  Mais pour mieux comprendre mes propos, il faut regarder la série !
  • On pointe la misogynie et le sexisme du doigt. S’il y a quelques remarques sexistes dans la série, elles sont de suite discréditées par les personnages qui  se révoltent contre, et ça fait du bien !
  • Les stéréotypes de genres renversés. On découvre dans You Me Her plusieurs exemples de couples. Cela va du couple marié avec enfants, au marié sans enfant, jusqu’à la relation sans étiquette de deux protagonistes ne sachant comment évoluer ensemble. On voit évoluer plusieurs relations et, ce que j’apprécie, c’est qu’aucune relation ne se ressemble. Chaque couple se construit à sa manière, et surtout, se construit sans stéréotype de genre. Par exemple : il n’y a pas d’exemple de virilité suprême du mâle accompli dans sa carrière, qui subvient aux besoins de sa femme, celle-ci étant l’illustration même de la féminité, douce et protectrice. Non, pas de ça dans You Me Her. Chacun a sa carrière, ses envies, ses forces comme ses faiblesses. On assiste à un parfait égalitarisme, du moins dans les couples principaux. Car en second plan, il y a le frère de Jack, l’exception qui confirme la règle. Le frère de Jack est le représentant officiel du machisme. Toutefois son attitude n’est jamais validée par son frère. De plus, la série va plus loin en inversant les stéréotypes de genre en montrant un exemple de couple où la femme est meneuse, pas très impliquée dans la relation, fuyante, et a peur de l’engagement; alors que l’homme est dépendant, souhaite une romance et s’accroche à des espoirs.tumblr_o7s5z3w2le1qlceipo3_500
  • On montre l’influence néfaste de la société dans nos vies. On questionne le couple : qu’est ce que c’est un couple, comment il doit être pour être normal ? Qu’est ce qu’on attend d’un couple marié ? etc. You Me Her fait part de la pression sociale exercée sur les couples. Le besoin de se marier, de ressembler à tous les autres couples, le besoin d’avoir des enfants, etc. You Me Her insiste également sur la pression subie par notre entourage. Les Autres deviennent alors les opposants au bonheur personnel. Le bonheur personnel doit toujours se faire selon les intérêts communs, surtout dans un petit village. On retrouve les personnages en proie à des questionnements, demandant l’aide à leurs amis/voisins qui ne peuvent les encourager à sortir du « droit chemin » pour le bien être de la cohésion sociale. You Me Her est un bel exemple du conflit intérieur que vit une personne qui réalise que son bonheur ne se trouve pas dans les standards de la société. C’est une série qui regroupe tous les questionnements qu’on peut se faire, quand on pense à sortir du « droit chemin ». Comment vivre avec nous même ? Comment vivre avec les autres ?
  • La représentations ethnique. Au début je pensais que celle ci se cantonnait aux personnages secondaires, le couple principal étant composé de personnes blanches carrément bobos sur les bords. Cependant, le personnage de l’escort girl se nomme Izzy Silva, ce qui laisse sous entendre des origines latines évidentes. Dans les personnages secondaires, la diversité est bien présente. Sur 7 personnages, 4 sont issus de cultures différentes.
  • L’idéalisme. Emma, Jack et Izzy se retrouvent confrontés à des thématiques auxquelles ils n’avaient jamais réfléchi. Ils ont alors un regard neuf, pur sur la chose, presque enfantin. Et ce regard candide amène à des espoirs, des joies intenses et à des réflexions empreintes d’idéalisme. C’est beau à voir, et c’est rafraîchissant.

you-me-her-saison-1Les points négatifs :

  • La romance à l’américaine. Certes, la série évite beaucoup de clichés mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a aucun. Même si sur le fond on a quelque chose d’innovant par le fait de représenter une autre conception de l’amour, sur la forme on suit quand même bien le schéma de la romance classique. Mais cela, je vous laisse le découvrir.

Pour conclure, je dirai que You Me Her est une série que je recommande pour sa qualité de « première série traitant du polyamour ». Toutefois, on est loin de la série parfaite, même si elle constitue une belle avancée sur la représentation du couple et de l’amour. You Me Her m’a touché car elle donne à voir des personnes humaines se battant pour leurs désirs, leurs sentiments et luttant contre les tabous de notre société. You Me Her pose les bonnes questions. C’est fin, intuitif, doux, et je dirai même humaniste.

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Que les problématiques de You Me Her soient vécues ou non, tout le monde peut s’identifier aux moments de joies simples que propose la série, ainsi qu’à nos doutes permanents en tant qu’être humain vivant dans une communauté. You Me Her n’est certes pas le représentant du polyamour, mais il est celui d’un certain type de couple polyamoureux. Il ne faut pas prendre la série au pied de la lettre et définir le polyamour comme cette représentation unique. Le polyamour, tout comme un couple hétérosexuel, se différencie et évolue selon les personnes.

Et vous, vous pensez quoi de You Me Her ?

You Me Her est sorti le 22 Mars 2016 sur Audience Network aux Etats Unis. La saison 2 a débutée le 14 Février de cette année. Pour l’instant 3 saison sont prévues.

Kézaco : le SLUT-SHAMING ?

De nos jours, la femme est-elle vraiment libérée sexuellement ?

              Avant la révolution sexuelle de 1969, les femmes appartenaient à leur père et devaient rester vierge jusqu’à qu’elles se marient avec un homme. Ce n’était pas une loi mais c’était fortement recommandé pour l’honneur de la jeune femme et celui de sa famille. Ce choix s’explique par le besoin de reconnaissance de paternité lors de la naissance d’un enfant. Etant donné que l’on pouvait être sûre de la mère, mais jamais du père, il fallait s’assurer que la femme soit strictement monogame. La femme ne devait pas et ne savait pas se masturber, elle n’avait aucune conscience de l’aspect de sa vulve et ignorait l’existence de son clitoris. De plus, les médecins veillaient bien à ce que les femmes soient étrangères à leur corps.

Les femmes avaient donc une sexualité reproductive. Elles étaient très peu à avoir accès au plaisir. Ainsi, on s’assurait de l’appartenance exclusive de la femme à son mari, car sans plaisir : pas de tromperie ! Il n’était également pas enseigné aux hommes comment satisfaire une femme sexuellement. C’était le rôle de la femme de satisfaire son mari.

Quand la deuxième vague de féminisme frappe (la 1ère étant au siècle des Lumières), les femmes États-Uniennes s’insurgent contre l’obscurantisme qui pèse sur leur sexe. Elles se mobilisent alors entre elles et s’auscultent, lisent beaucoup, prennent des cours de médecine, établissent des conférences afin d’informer. Le collectif de Boston Women’s Health écrit alors le livre Our Body Ourselves, qui regroupe tout ce qu’il y a à savoir sur le corps de la femme, autant médicalement et objectivement, que subjectivement, avec des témoignages de femmes, qui expliquent comment elles ont prit conscience de leur corps et vivent avec.

Le livre est d’abord publié sous forme de petits journaux en 1971 aux Etats-Unis, et s’écoule à 240 000 exemplaires. Jamais un livre n’avait regroupé autant d’informations sur le corps des femmes. Toutes les femmes de l’époque en veulent un exemplaire. Le livre est passé de mains en mains, prêté entre amies, voisines, etc. L’argent gagné par les activistes féministes est alors reversé à la recherche pour la santé des femmes.

47613488Le livre est alors traduit dans plusieurs langues et redistribué dans une multitude de pays, et se fait écouler à 4 millions d’exemplaires. Grâce à ce livre d’activistes féministes et à la révolution sexuelle, la sexualité de la femme est pour la première fois dissociée de son  “devoir” de reproduction.

Boston Women’s Health Collective : Ruth Davidson, Pamela Berger, Vilunya Diskin, Joan Ditzion, Paula Doress-Worters, Nancy Miriam Hawley, Judy Norsigian, Jane Kates Pincus, Esther Rome, Wendy Sanford, Norma Swenson.

Si la révolution sexuelle des années 60 a bien aidée les femmes à s’approprier leur corps et à assumer une vie sexuelle, sommes nous arrivé aujourd’hui à une harmonie parfaite ? La réponse est NON.

Aujourd’hui, une femme a le droit moral de coucher avant le mariage et de connaître plusieurs hommes ou/et femmes dans sa vie. C’est très bien, mais est-ce que cela l’exclut des jugements de valeurs du reste du monde ? Non. Nous sommes bien loin d’une égalité homme/femme quant à la sexualité. C’est là que le Slut-Shaming intervient.

Mais en fait, le Slut-shaming c’est quoi ?

Le Slut-Shaming c’est critiquer une femme en se basant sur des caractères relevant de la sexualité : pratiques sexuelles, nombre de partenaires; ou que l’on juge sexuel : maquillage, vêtements, comportement. Attention, le slut-shaming peut également s’appuyer sur des choses moins concrètes, telles que la réputation, les rumeurs. 

Le Slut-Shaming évolue pendant toute la durée de vie d’une femme. Il débute à sa puberté, puis s’attaque à la virginité, pour s’en prendre ensuite aux nombre de partenaires, il discrimine également les différences d’âges (quand la femme est plus vieille que son partenaire), et finit ensuite par s’opposer tout simplement à ce qu’une femme âgée soit sexuellement active.


Le terme de Slut-Shaming nous vient d’Amérique, il a été créé par les féministes États-Uniennes et Canadiennes. Il a d’abord été employé par une militante issue du mouvement SlutWalk (marche des salopes en français). La SlutWalk est un courant féministe pro sexe visant à se réapproprier son corps et à mettre fin au diktat sur le comportement à avoir lorsqu’on est une femme. Le Slut-Shaming signifie en français : l’action d’humilier une femme que l’on qualifie de “salope”. Slut = Salope. Shame =honte.

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Slogans des SlutWalk :  Image 1 « La notion radicale que personne ne mérite d’être violé »,       Image 2 « Stop au slut-Shaming, l’apparence d’une personnes n’est pas la cause d’une agression sexuelle », Image 3 « La société nous apprend à ne pas se faire violer plutôt qu’à ne pas violer ».


Plus concrètement, le Slut-Shaming, c’est tous les genres de discours tels que : « T’as vu comment elle est habillée celle là ? Quelle salope ! », « Faut pas qu’elle s’étonne si elle se fait violer vu comment sa jupe est courte. », « C’est un pot de peinture cette meuf, elle a pas honte de sortir comme ça? », « Bah oui il t’as mis une main au cul mais en même temps regarde toi un peu! », « A ce qui parait elle s’est fait toute sa classe. A ce compte là c’est même plus une pute, les putes elles se font payer au moins ». Voilà, sympa non ?

Oups, je suis une salope !

Ce qui est d’autant plus sympa, c’est que c’est super facile d’être une salope ! Pour cela il ne vous faut pas grand chose. Il vous suffit juste d’avoir une sexualité active (pécheresse), ou encore d’aimer le sexe (oh malheureuse!), ou alors d’aimer les robes et les jupes (Ô tentatrice!), ou même un peu de rouge à lèvre ça suffit parfois (succube). Votre comportement est également source de problème, ne vous en faites pas. Si vous êtes à l’aise dans votre corps (ouh l’allumeuse !), on attribuera tous vos faits et gestes comme une provocation sexuelle. Car, jeune fille, ton corps ne t’appartient pas : c’est un objet sexuel destiné aux jugements des autres. Que tu t’acceptes sexuellement ou non, tu es sujette à controverse.

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Echelle de mesure de la Salope en fonction de sa jupe : MATRONE, PRUDE, DEMODEE, CORRECT, DRAGUEUSE, COQUINE, PROVOCANTE, DEMANDE A SE FAIRE BAISER, SALOPE, PUTE.

Si jamais tu n’es pas sexuellement active, ne t’inquiète pas, toi aussi tu as le droit à ta part du gâteau ! Même vierge, tu peux être victime de Slut-Shaming car les rumeurs existent ! Ainsi, tout comme moi à 14 ans, tu peux être traitée de “pute” et de “salope” par ton collège car tu es la seule fille d’un groupe d’amis de garçons, et que la rumeur circule comme quoi tu as sucé tout le monde. Elle est pas belle la vie ?

Tu peux donc constater que quoi que tu fasses, tu seras toujours jugée dans un sens ou dans l’autre. Car si, en tant que femme, tu assumes ta sexualité : tu es une salope. Mais si tu culpabilise, tu as peur, tu essaies de te cacher, ou juste tu aimes t’habiller à ta façon : tu es une coincée/prude.

En quoi le Slut Shaming est nocif ?

Le Slut-Shaming est extrêmement dangereux car il est accepté socialement. Il est ancré dans nos esprits depuis notre plus jeune âge. On nous apprend à penser d’une certaine manière, à se comporter d’une certaine manière.

Ainsi on justifie des comportements abusifs tels que les insultes, le rejet, le harcèlement et même les agressions sexuelles.

Moi même, j’ai subi d’innombrables insultes de ce type durant ma scolarité. Lorsque, petite, j’allais me plaindre aux maîtresses, elles me disaient “ignore les”. Jamais mes enseignants n’ont appris aux petits garçons à ne pas harceler les petites filles. Non, les enseignants apprennent aux petites filles à encaisser, à subir : à penser que c’est normal.

Ainsi, dès l’enfance on encourage les petits garçons à se comporter de façon violente, et les petites filles à être passives. De ce fait, on inscrit dans leur pensée que c’est ce que doit être un homme. Mais on inscrit aussi dans les pensées des filles qu’elles sont responsables de ce qui leur arrive à cause de leur corps sexualisé. On apprend aux petites filles ce qu’il faut faire et ne pas faire pour être respectable, ce qui revient à dire : on apprend aux petites filles à êtres des rivales de perfection.

C’est pourquoi le Slut-shaming est commis aussi bien par les hommes que les femmes. Les femmes ne sont pas méchantes entre elles par nature, on leur apprend à l’être. Très tôt, l’enfant développe la notion de jugement de valeur.

Le Slut-Shaming est nocif car on sexualise ce qui ne l’est pas. On inscrit dans l’imaginaire collectif que les vêtements et le maquillage font partie de la sexualité. Tout ça n’a pourtant rien à voir ! Pourtant, aux yeux de tous, il est préférable de culpabiliser une victime de harcèlement (“t’as vu comment tu t’habilles ?”), plutôt que l’agresseur. Pourtant, les femmes se font autant violer en pantalon qu’en jupe, mais ça, le monde semble ne pas y porter d’importance.

Le Slut-Shaming est nocif car on encourage les agressions. On ne punit pas lorsqu’une femme est traitée de “salope” à répétition. Plusieurs jeunes filles se sont suicidées à force d’être harcelées à tort dans leurs établissements. Des femmes se sont faites violer en conséquences de leur réputation “d’allumeuses”.

Comment lutter contre ?

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« Ton corps. Tes règles. Ne laisse pas la société te foutre en l’air! »

Pour lutter contre le Slut-Shaming, il faut à tout prix changer notre regard envers les autres, ne pas véhiculer des stéréotypes de ce qui est jugé bien ou mal, changer notre attitude en ne soutenant plus les propos dévalorisants des autres.

C’est peut-être dingue à comprendre mais : le choix d’une femme à disposer de son corps comme elle l’entend n’affecte en rien ta vie. Que tu sois homme ou femme, tu n’as pas à émettre de jugements, quel qu’il soit. Donc les “elle doit être mal dans sa peau” ou les “elle ne se respecte pas” sont des jugements aussi pourris l’un que l’autre.

S’il se trouve que toi qui me lis tu es une femme, saches que tu n’es pas exemptée de ces conseils. Tu n’es pas plus légitime à critiquer une autre femme car tu en es une.

Une femme a le droit d’être vierge. Une femme a le droit d’aimer le sexe. Une femme a le droit de ne pas aimer le sexe. Une femme a le droit d’avoir autant de partenaires qu’elle le souhaite. Une femme a le droit de se dénuder sur internet si elle le souhaite. Une femme a le droit de poser nue. Une femme a le droit de s’habiller à sa guise. Une femme a le droit d’aimer toutes les pratiques sexuelles qu’elle veut.

On ne choisit pas de respecter quelqu’un selon sa vie sexuelle. Le sexe n’a rien de honteux, que l’on soit vierge ou que l’on ai eu beaucoup de rapport, cela n’a rien à voir avec le respect exigé dans la sphère publique. Le sexe est privé, le sexe est beau. Les gens s’accordent à dire qu’il faut se respecter quand ils parlent de sexe. Certes, tu dois te respecter, ce qui veut dire : n’accepte pas ce que tu ne veux pas, ne te force pas pour autrui, sois fière de tes choix, n’aies honte de rien. Nulle part il est stipulé que se respecter signifie : ne pas ouvrir tes jambes à beaucoup d’hommes/femmes ou ne pas donner ton pénis à beaucoup d’hommes/femmes.

Si tu aimes coucher sans sentiments, les histoires d’un soir etc, ça ne fait vraiment pas de toi une fille facile. Le terme de “fille facile” est idiot et ne devrait pas avoir sa place dans le registre des expressions, étant donné qu’il n’existe pas d’équivalent masculin. Cette appellation est donc purement le fruit du sexisme. Il sert à faire peur aux jeunes filles, ainsi elles restent sous contrôle.

Si tu es un homme qui “collectionne les filles” ça ne fait pas de toi un Don Juan, ni un chien. Tu as le droit de faire ce que tu veux de ta vie sexuelle, tant qu’elle n’est pas nocive pour ton ou tes partenaires. Ce que tu fais ne regarde que toi et tes partenaires, pas la sphère publique.

Hommes ou femmes, vous êtes chacun légitime dans ce que vous faites tant que cela correspond à ce que vous voulez. Il ne devrait y avoir aucune différence de traitement entre les genres quand il s’agit du sexe.

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Kézaco : le FÉMINISME ?

Qu’est ce que le féminisme ? Qui peut être féministe ? Comment être un(e) bon(nne) féministe ?

   Lors d’une discussion avec une amie, celle-ci me déclare: “je ne peux pas être féministe, j’y connais rien moi, je suis pas comme toi”. Puis un autre jour où je discutais avec une autre amie, elle m’a avoué qu’elle ne se disait pas féministe car elle ferait une “mauvaise féministe” (n’étant pas engagée dans des associations, etc). J’ai été très étonnée de ces déclarations. Je n’avais jamais pensé à ça, “être une bonne féministe”. Pour moi, ça semblait absurde, car il y a mille et une façon d’être un(e) féministe.

C’est là que je me suis rendue compte que tout ce que je savais était dû au fait que je m’y suis intéressée en premier lieu. Mon expérience de la vie (des années de harcèlement et de sexisme, ainsi que de violences) m’avaient amené jusqu’au féminisme comme si ça allait de soi. Mais tout le monde n’a pas le même passé que moi, et c’est là que j’ai pris conscience que jamais dans notre éducation on ne nous avait expliqué clairement ce qu’est le féminisme. Jamais dans les cours d’histoire nous n’avions évoqué le nom de grandes femmes, même pas celui de Simone de Beauvoir. Sur l’échelle de toute notre scolarité, le féminisme n’avait été évoqué qu’en une seule phrase courte: “et là les femmes se sont révoltées pour le droit de vote et le droit à la contraception”, point.

Ce que nous présentent les médias n’est pas mieux. Souvent on se moque de ces femmes qui se révoltent en les ridiculisant ou en les montrant comme des chiennes enragées. L’image de la féministe fait peur ou dégoûte.

Petite, en tombant sur des reportages ou documentaires sur les féministes, je me sentais attirée vers ce mouvement et j’étais en admiration devant ces femmes libératrices. Pourtant, ces femmes sont mal vues et les journalistes ne se privent pas d’y aller de leurs commentaires. Je me souviens m’être fait la réflexion “je ne vois pas ce qu’il y a de mal à être féministe”, honteusement. J’étais jeune et influençable, et l’idée de la société sur les féministes me poussait à me désintéresser de ces femmes. Je voulais plaire aux hommes et me proclamer féministe était loin d’être l’idéal pour y arriver. Car, oui, il est courant qu’à 12 ans on nous apprennent  déjà à plaire aux hommes (je reviendrai sur cette notion dans un article exclusivement dédié à cela.)

C’est pourquoi j’ai décidé d’en faire un article aujourd’hui et de déculpabiliser les gens sur leur capacité à être féministe. J’ai choisi de faire un état des lieux en répondant à trois questions qu’on m’a posé : qu’est ce que le féminisme ? Qui peut être féministe ? Comment être un(e) bon(ne) féministe ?

Qu’est ce que le féminisme ?

          logo-feminisme-journal-des-luttes    Le féminisme est un courant de pensée social, politique et philosophique qui exige l’égalité entre les genres. Depuis la création du féminisme, les idées féministes se sont étendues et touchent désormais un plus vaste public dont plusieurs mouvements se sont développés (les droits des personnes de couleur, les droits LGBTQ ).

Il est essentiel de comprendre que les femmes féministes ne détestent pas les hommes. Personne n’est à blâmer, ni les femmes, ni les hommes, mais bien la société patriarcale qui joue en défaveur des femmes comme des hommes. Le patriarcat est une société où le pouvoir social et juridique est détenu par les hommes; ces hommes issu de la culture sexiste décident alors de lois concernant les femmes ainsi que les minorités, mais diffusent également des stéréotypes de genres erronés. La société patriarcale formate nos esprits en un mode de pensée unique.

Le féminisme (au commencement du mouvement), c’est vouloir un meilleur avenir pour les femmes, tout simplement.

Désormais le féminisme se bat aussi pour un meilleur avenir pour toutes les minorités sous-représentées. Le féminisme lutte pour réévaluer ce qu’on définit par la “normalité”.

Toutefois (et c’est là que les choses se compliquent), il existe plusieurs courants féministes. Mais cela n’a rien d’étonnant car nous possédons tous des expériences différentes, ainsi il est difficile que l’humanité entière soit d’accord sur les mêmes principes. Par exemple, certaines féministes sont pour le porno et la prostitution, alors que d’autres s’y opposent.

Je vais donc tenter de définir une grande majorité de courants féministes.

  • Pour commencer, nous avons les féministes universalistes qui déclarent que la différence de genre ne peut justifier un traitement différent selon si on est homme, femme. Selon les universalistes, les hommes comme les femmes sont autant capables l’un que l’autre dans tous domaines et ne devraient pas avoir droit à des traitements de faveurs (sauf cas exceptionnel mais cela ne relèverait alors pas du genre de la personne). Les universalistes dénoncent alors le fait d’inculquer aux enfants des valeurs genrées (métier d’homme, métier de femme, par exemple). Les féministes universalistes tendent alors vers la parité sociale, économique et cherchent à faire évoluer les mentalités.
  • Ensuite nous avons les féministes essentialistes qu’on appelle également différentialiste. Les essentialistes revendiquent le droit à la différence. Elles estiment qu’il existe des spécificités propres à la femme, ainsi que des spécificités propres aux hommes et qu’il faudrait les utiliser de manière à se compléter, et non s’opposer. Les féministes essentialistes/ différentialistes pensent que le patriarcat est tellement ancré dans notre culture, qu’il en écrase les autres modes d’expression propres aux femmes.
  • Le féminisme constructiviste est né lors des années 1960 afin de s’opposer au féminisme essentialiste. En effet les constructivistes s’opposent au fait que le genre représente une façon d’être (par exemple : la femme est douce, émotive et soumise, l’homme est viril, fort et s’impose en leader). Les constructivistes affirment que les dirigeants sociaux ont construit une représentation sociale à travers leurs discours, décrétant que la nature est ainsi faite, tout cela en opposition aux sciences humaines. Ainsi le genre et la race sont deux constructions sociales et non des faits naturels immuables. D’où le “On ne naît pas femme, on le devient” de Simone de Beauvoir. Ce qui revient à dire que notre comportement, notre habillement et le fait que ce soit le genre masculin qui domine, ne soient pas naturels à l’humain mais varie selon les époques, les lieux et sont donc des constructions de la société.

En plus des mouvements philosophiques et sociologiques féministes, il y a également les mouvements féministes politiques tels que le féminisme libéral, le féminisme socialiste, le féminisme radical, le féminisme intersectionnel, l’Anarcha-féminisme. Étant loin d’être une experte en politique, je vous laisserai faire vos propres recherches à ce sujet si cela vous intéresse, plutôt que d’essayer de vous les expliquer et commettre mille et une erreurs.

Dans ces courants il y a le féminisme pro-sexe, développé dans les années 1980 dans la communauté LGBTQ, visant à se réapproprier son corps, apprendre comment il fonctionne, et à s’en servir comme bon nous semble. Ce mouvement questionnes le genre dans la mesure où il se libère de l’idée que le sexe soit hétéronormé. L’organisation SlutWalk dont le slogan est “Ne nous dites pas comment nous comporter, dites leur de ne pas nous violer” fait partie de ce mouvement pro-sexe.

Puis il y a les groupes/associations féministes qui se battent pour des causes bien précises. En voici quelques exemples :

  • La Barbe est un mouvement créé en 2008 suite à la campagne de Ségolène Royal en 2007 qui avait été victime de sexisme politique. Les Barbues sont des femmes qui se munissent de fausses barbes et interviennent sur des lieux politiques. Elles utilisent l’ironie afin de ridiculiser la domination masculine politique, culturelle et médiatique.
  • Les Femen nous viennent de Kiev en Ukraine. Le mouvement est né en 2008. C’est un mouvement radical qui se développe sous l’oppression des gouvernements Russe, Biélorusse et Ukrainien (eux-même radicaux). Les Femen manifestent seins nus afin de démontrer que les jolies poupées blondes se rebellent et ne veulent plus être considérées comme des objets sexuels, ainsi elles se réapproprient leurs corps. Les Femen n’hésitent pas à montrer leur aversion envers la prostitution, mais également contre la religion et les dictatures. Les Femen souhaitent transmettre aux femmes le goût de la rébellion et leur faire prendre conscience que leur corps leur appartient et qu’elles n’ont plus à avoir peur : “La nudité, c’est la liberté”.
  • Osez le féminisme ! est une association mise en place en 2009 à la suite de la déclaration de Nicolas Sarkozy visant à réduire le budget du Planning Familial. Osez le féminisme ! se bat contre le viol, les inégalités professionnelles, la lesbophobie, la prostitution. Par ailleurs, elles luttent pour le droit à l’avortement, l’éducation sexuelle et la réouverture des centres IVG. Quant à la prostitution, Osez le féminisme déclare : beaucoup d’associations essaient de faire croire que la prostitution est un métier alors que c’est une violence faite aux femmes et une marchandisation du corps”.
  • Les chiennes de garde est un groupe créé en 1999 par Dominique Voynet (ministre de l’écologie à l’époque), visant à lutter contre les violences symboliques sexistes présentes dans l’espace public (médias, publicités, ainsi que les insultes dans la rue). Les hommes et les femmes de ce mouvement exigent que le sexisme soit puni par la loi au même titre que le racisme.
  • Le STRASS s’adresse aux travailleurs du sexe tels que les prostitués (homme, femme, trans), les acteurs pornos (homme, femme, trans), mais également des masseurs érotiques. Le groupe a été créé en 2009 et lutte pour la reconnaissance de leurs droits à disposer de leurs corps.  Ils se battent pour la dépénalisation des métiers du sexe et pour la réouverture des maisons closes. Ils déclarent d’ailleurs à ce propos “Nous sommes tout à fait capables d’autogestion et ne voulons pas de patrons qui nous exploitent.
  • Ni Putes, Ni Soumises est un groupe féministe fondé en 2003 issu des cités. Elles se revendiquent contre les violences faites dans les quartiers et les dégradations de vie. Les femmes de Ni Putes, Ni Soumises ont mis en place un système d’accueil anonyme pour les femmes victimes de violence.

Si le féminisme existe sous plusieurs formes (comme indiqué au dessus), il peut s’épanouir également dans une sphère plus privée. On peut être féministe, mais ne faire partie d’aucune association, d’aucun groupe ou mouvement, ou même d’aucun courant. On peut développer son propre féminisme, avoir ses propres opinions sur les sujets épineux tels que la prostitution, l’industrie pornographique etc.

Qui peut être féministe ?  

                Absolument tout le monde ! Que tu sois une petite fille de 8 ans qui pense que ce

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Le féminisme est pour tout le monde.

que tu vis n’est pas normal ou un homme de 88 ans qui ne supporte plus le sexisme, ou encore que tu sois non binaire et que tu veuilles te battre pour tes droits. Que tu sois hétérosexuel ou homosexuel, ou bi, ou pan, qu’importe ta sexualité à vrai dire. Que tu sois cisgenre ou transgenre. Tu es légitime en tant que féministe. Ta voix compte, ton avis compte.

Peut on être un homme féministe ?  Bien sûr. Si le féminisme s’attaque aux clichés sexistes envers les femmes, le combat s’applique également aux hommes ! Les femmes féministes ne détestent pas les hommes, elles ne sont pas contre eux, elles souhaitent l’harmonie. Comme tu peux lutter contre le racisme sans le vivre, tu peux être féministe sans vivre forcément les oppressions que vivent les femmes. Tu as tout autant le droit d’être révolté. De plus le féminisme s’évertue à détruire les clichés genrés, donc également masculins ! Tu en as marre des phrases telles que “arrête de pleurer, sois un homme” ? Tu es féministe !  (Bien sûr le sexisme genré envers les hommes va bien plus loin que le pauvre exemple que j’en ai donné. C’est un sujet que j’étayerai dans un article.)

Incroyable mais vrai : tu peux aimer le rose, te maquiller, te faire les ongles et être féministe ! On représente souvent les féministes comme des femmes hargneuses et en surpoids, qui ne prennent pas soin d’elle, qui sont “laides”, et qui ont des poils. Le fait est que, tu as le droit d’être qui tu veux.  Si tu aimes t’épiler, tant mieux, si tu n’aimes pas ça, tant mieux aussi ! Ce que tu fais de ton image n’a rien à voir avec les pensées que tu revendiques. Justement, tu peux choisir de te battre contre ces préjugés ! Le surpoids n’a rien de négatif tant qu’il n’est pas dangereux pour la santé, et ça les anti-féministes qui dessinent les femmes avec des formes ne semblent pas être au courant. Homme, femme ou non binaire tu as le droit de ressembler à ce que tu veux.

Tu peux aussi être mère au foyer et être féministe ! Les féministes des années soixante ne se sont pas battues pour que les femmes ne soient plus mères au foyer, elles se sont battues pour que les femmes aient le choix de rester à la maison ou d’aller travailler. Etre mère au foyer ne veut pas dire que tu n’es pas indépendante et que ta voix compte moins que celle des autres, au contraire ! Tu es tout autant une femme que les autres, ton avis a tout autant le devoir d’être écouté, et le travail que tu fournis pour tes enfants et ton foyer n’est pas moins important que celui d’une femme ou d’un homme actif.

Comment être un(e) bon(ne) féministe ?

                    Pour être un(e) bon(ne) féministe, tu n’es pas obligé(e) de vivre le féminisme par tous les pores de ta peau, ou d’hurler au monde entier que tu hais le sexisme, ou même de participer à des meetings et de t’inscrire sur des groupes. Le féminisme, ça commence d’abord avec des idées, une certaines réflexion sur le monde, sur la société. Il n’y a pas de mode exécutif à suivre, il n’y a pas d’attitude particulière à avoir, si ce n’est d’être tolérant.

J’ai énoncé plusieurs mouvements féministes plus haut, on peut être en accord avec plusieurs de ces mouvements, comme être en désaccord et être toujours féministe. On peut ne s’identifier à aucun de ces mouvements et être féministe, ce qui est mon cas dans la mesure où je ne fais partie d’aucun groupe, (toutefois, mes idées tendent vers le féminisme constructiviste). Je ne fais partie d’aucun parti féministe. Je ne connais pas toutes les catégories de féminisme, je ne connais pas l’histoire par coeur, j’ignore plein de choses mais ce n’est pas grave en soi. Le plus important, c’est que mon coeur bat pour l’égalité.

Être féministe c’est vouloir l’égalité. Le féminisme, et là je m’adresse aux femmes essentiellement, ce n’est pas être revancharde et vouloir se venger de la société patriarcale qui nous a opprimées. Comme le déclare Louise Michel (institutrice, militante anarchiste et féministe du XXème siècle) : “Simple, forte, aimant l’art et l’idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée.

Le féminisme s’adresse à tous afin d’informer,  d’enseigner la tolérance afin que tous vivent en liberté, en paix, avec les mêmes droits. Le féminisme appartient à tout le monde.

Pour conclure, il existe des multitudes de courants féministe auxquels tu peux t’identifier. Tu peux être toi même et choisir de  définir ton propre féminisme. Tu n’as pas à faire partie d’une élite intellectuelle pour te dire féministe. Tu peux traîner sur ton canapé, les cheveux gras, la main dans un paquet de chips et te dire “tiens, l’égalité pour tous, ce serait pas si mal quand on y réfléchit. Faudrait peut être qu’on arrête de décider des lois à la place de ceux qui sont concernés” et ainsi te sentir féministe, sans rien de plus.

Si tu veux participer aux changements des mentalités mais que tu ne sais pas trop comment faire à ton échelle, je te propose de commencer par ne plus “laisser couler” des propos sexistes, homophobes, transphobes ou racistes sous prétexte que la personne d’en face est une “cause perdue”. Car quand on ne dit rien ou qu’on décide d’être neutre pour ne pas froisser ou faire polémique, on choisit le côté de l’oppresseur, on valide ses actes et ses paroles.

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Donc n’ayez plus peur, qui que vous soyez : osez, parlez !